LES CHARMES DISCRETS DU « DOLLAR COST AVERAGING »


DOLLAR COSR AVERAGING
Les développements qui vont suivre sont basés sur des articles parus dans la revue Club Placement (Rédacteur JG).

Lorsqu’on mettait en place un produit d’assurance-vie, avant que naissent les contrats Indexés, il n’y avait pas problème de risque de marché. En effet, ces placements étaient exclusivement basés sur des Actifs généraux de compagnies. Mais un jour de 1969 sont arrivés les Contrats d’assurance vie indexés sur de la Pierre ou sur des SICAV. Il s’agissait de contrats dits en « unités de compte ». L’effet de cliquet (qui rend les baisses impossible) n’existait donc plus. Et 21 ans plus tard, en 1990, ce fut la naissance des premiers contrats Multisupports.

ACTIONS SUPER STARS

Lorsqu’on regarde les performances des différents placements, on constate que, sur le long terme,  ce sont les Actions qui sont les grandes gagnantes. La tentation fut alors importante de privilégier, dans une certaine proportion, les placements indexés sur les Sicav à dominante actions. Par prudence, pour limiter les risques et donc protéger les épargnants, les pouvoirs publics avaient institué « l’obligation de l’obligation ». Il était obligatoire pour toute SICAV Actions de détenir un minimum de 30% d’obligations (qui, étant plus sécurisantes, jouaient le rôle de parachute a la baisse)….Et puis un jour (1er Octobre 1989), « l’obligation de l’obligation » à disparu ! Les produits d’assurance vie, notamment, eurent donc la possibilité d’être investis sur des Sicav Actions « Pures » à 100%. Donc, d’un potentiel plus important mais, légitime contre partie, avec un risque plus élevé. D’où l’intérêt de rechercher des stratégies d’investissement de nature à pondérer les risques.

LE DCA C’EST SIMPLE ET EFFICACE

Le Dollar Cost Averaging (DCA), c’est, tout simplement une méthode d’investissement sur OPCVM (SICAV ou FCP) actions. Cette méthode est à la fois simplissime et prudente. Il s’agit d’investir le même montant tous les mois et de ne surtout pas s’arrêter en période de baisse des cours.

Comme indiqué dans le Wikipedia Américain : « By doing so, more shares are purchased when prices are low and fewer shares are purchased when prices are high »
Soit: « Ce faisant, vous achetez plus de parts quand les cours sont bas et moins de parts quand ils sont hauts. »

LES ACTIONS SONT VOLATILES

Certes, les actions, sur de longues périodes, sont réputées être le meilleur placement. Mais elles sont assez volatiles (mouvements en dent de scie) et, par ailleurs, il est très difficile de prévoir dans quel sens vont évoluer les actions (Rares sont les gestionnaires qui parviennent à « battre l’indice » sur de longues périodes). On comprend donc tout l’intérêt de la stratégie du DCA qui permet de poursuivre, avec prudence,  son plan d’investissement de façon systématique, sans se poser de questions sur l’évolution future du marché.

On aura compris, par ailleurs, qu’un investissement d’une somme importante sur des actions (ou OPCVM actions) fait courir un risque important en cas de baisse. Un risque que ne prennent pas ceux qui adoptent la stratégie d’investissement fractionné et régulier du DCA.
Il est vrai que quand les sommes ainsi capitalisées atteignent elles mêmes une certaine importance elles deviennent, elles aussi, vulnérables. Mais rien n’interdit de les basculer périodiquement (tous les 5 ans par exemple) sur un actif sécurisé.

Un certain nombre des notions qui précèdent méritent quelques « Coups de Projecteur »…

– 1 – LES MARCHÉS SONT IMPRÉVISIBLES ET DONC IMPRÉDICTIBLES (SAUF POUR QUELQUES « HAPPY FEW »)

On pourrait se contenter d’investir sur une SICAV indicielle. Une SICAV qui répliquerait exactement l’indice, par exemple sur le CAC 40 (Ou encore l’Euro Stoxx 50 ou le Dow Jones). Quand on utilise les services d’un gestionnaire, c’est donc qu’on espère faire mieux, c’est-à-dire :  « battre l’indice ». Or,  il se trouve que les gestionnaires qui battent le marché sur des périodes significativement longues sont l’exception.

LES GESTIONNAIRES QUI BATTENT L’INDICE SUR DE LONGUES PÉRIODES SONT RARES

Cet état de fait a valu de sérieuses critiques envers cette profession, jugez en plutôt :

– “Un chimpanzé aveugle lançant des fléchettes sur le Wall Street Journal pourrait sélectionner un portefeuille dont les performances seraient aussi
bonnes que celui proposé par des experts ! ” Burton MALKIEL
– Assertion qu’il confirme, 30 ans après : “Avec le recul de ces trente ans, je suis de plus en plus convaincu de la validité de ma thèse première
et les preuves pour l’étayer ne manquent pas.” Burton MALKIEL – Professeur d’économie de Princeton.

– “Des milliers d’experts se penchent sur des indicateurs aux mérites exagérés, des ratios de double option, sur la politique du FED en matière monétaire, sur les investissements des étrangers ou même sur la constellation du ciel et la mousse des chênes. Et ils n’arrivent pas plus à prévoir le marché avec logique que l’examen des entrailles des oiseaux …” Peter LYNCH

– “Aucun autre domaine de la recherche empirique n’a utilisé d’instruments statistiques si nombreux et si sophistiqués pour des résultats aussi
maigres”  Wassily LEONTIEF – Prix Nobel

– “Comparées aux prévisionnistes boursiers, les diseuses de bonne aventure ont fière allure”. Warren BUFFET (4e fortune du monde…).

– “L’observation des faits me fait pencher vers l’hypothèse selon laquelle les gérants de portefeuille devraient, pour la plupart, se retirer et essayer la plomberie, enseigner le grec ou aider à la production du PNB en travaillant comme cadres commerciaux” Paul SAMUELSON – Prix Nobel

– 2 – LES ACTIONS SONT, A LONG TERME, LE MEILLEUR PLACEMENT

Que cela soit sur 10 ans, 20 ans, 40 ans, 100 ans et même 200 ans, toutes les études et toute l’abondante littérature parviennent à la même conclusion: les Actions représentent le meilleur placement, sur le long terme. Leur rendement est supérieur à celui des autres classes d’actifs. Elle sont suivies de l’Immobilier, des Obligations et, pour fermer la marche, des placements monétaires.

Les actions, sur le long terme, sont donc les “Super-Stars” incontestées. Même si on se doit d’ajouter que : « les performances passées
ne garantissent pas les résultats futurs » (past performance is no guarantee of future results)….mais, vraiment, il est difficile d’y rester insensible !

COMMENT RESTER SEREIN DANS LA TOURMENTE ?

Oui, mais voilà, on a l’impression d’être constamment entraîné dans un mouvement de “montagnes russes”. Comment rester serein lorsque les baisses sont lourdes et durent plusieurs mois, quand ce n’est pas plusieurs années ? Comment ne pas être gagné par l’incertitude lorsqu’on constate une augmentation des volatilités ainsi qu’une accélération du rythme Boom-Krach ?

Une bonne solution pour répondre à cette préoccupation : LE DOLLAR COST AVERAGING (DCA). L’investissement planifié, programmé. Deux cents euros (par exemple) investis chaque mois sur une ou plusieurs SICAV performantes et ceci sur une durée assez  longue : 10 ou 15 ans, par exemple.

Il est conseillé de respecter deux règles de prudence :

– 1 – Règle incontournable : lorsque vous atteindrez les cinq ans précédant l’échéance de votre retraite, vous profiterez d’une évolution favorable
des marchés pour basculer (arbitrer) 100 % de vos avoirs sur un support de sécurité à effet de cliquet.
– 2 – Conseil pour augmenter encore la sécurité : quand le capital que vous aurez ainsi constitué atteint un montant relativement important, basculez en la moitié sur un support de sécurité à effet de cliquet.

POUR VOUS DONNER DES « FRISSONS », CRÉEZ UN COMPTE SPÉCIAL

Certains ont le goût du jeu, ils ont besoin de ce frisson exquis qui étreint celui qui est dans l’attente de savoir si l’action sur laquelle il a misé ou la stratégie qu’il a initiée va générer un gain ou une perte. Si vous avez absolument besoin de ce plaisir, le DCA n’est pas fait pour vous séduire. Je vous conseillerais d’essayer néanmoins de discipliner une petite partie de votre épargne vers le DCA. Comme l’indiquent GLASSMAN et HASSETdans leur ouvrage paru aux éditions VALOR :“Vous ne pouvez pas vous empêcher de faire du trading ? Alors, mettez en place ce que nous appelons un compte “pour jouer et s’amuser”…et gérez un compte séparé pour vos investissements sérieux à long terme„.

3 – LA MÉTHODE DU DOLLAR COST AVERAGING EST RECONNUE

La première certitude est donc que les cours évoluent à la hausse, comme à la baisse sans qu’aucune prévision véritablement fiable puisse nous renseigner sur le sens du mouvement futur.
On sait également que sur 10 ans, 20 ans, 50 ans ou 100 ans les actions ont toujours été,de loin, le meilleur vecteur de l’épargne.
Fort de ces deux certitudes, une stratégie aussi simple qu’efficace fut élaborée et testée, il y a quelques décennies, aux U.S.A.
Cette stratégie appelée le “Dollar Cost Averaging” consiste, tout simplement, à investir systématiquement chaque mois, une
même somme sur une même valeur (ou SICAV).

LUCILE TOMLINSON, PAPESSE DES INVESTISSEMENTS MÉTHODIQUES

André KOVACS nous rapporte que Lucile TOMLINSON, prophétesse américaine des investissements méthodiques, en disait ceci :
“Personne n’a encore découvert une autre formule d’investissement qui puisse être employée avec autant de confiance dans la réussite finale, quoi qu’il puisse arriver au cours des actions.„

Déjà en 1973, Messieurs MEESCHAERT, agents de changes, y faisaient allusion dans leur bulletin d’information.

D’ailleurs, comme le faisait remarquer le célébrissime Benjamin GRAHAM, maître à penser de Warren BUFFET : suivre une stratégie, c’est aussi éviter de se laisser malencontreusement influencer. Il recommande donc de suivre une méthode “mécanique”.

Nous avions conseillé nous-même systématiquement cette méthode depuis plus de 20 ans et étions étonnés du silence, à cet égard, de la presse financière. Toutefois, à partir de l’année 1996 nous avons découvert avec plaisir, tant dans la presse financière que dans les revues de consommateurs,des articles vantant régulièrement les mérites du “Dollar Cost Averaging”.

La simplicité de la stratégie du DCA a poussé de nombreux chercheurs et expérimentateurs à étudier la possibilité de l’améliorer en la sophistiquant – KOVACS lui même s’y est essayé – LICHELLO également. Et, plus modestement, nous mêmes.

Eh bien ! Nous avons tous péché par manque d’humilité.

Les stratégies ainsi élaborées étaient toutes séduisantes sur le papier, il est vrai, mais elles ne résistent pas à l’application pratique. Ceci vient du fait qu’elles exigent de sortir du systématique pour porter un jugement, ou encore reposent sur une continuité de l’évolution des cours dans un même sens qui devient impossible à prendre en compte en cas d’oscillation de courte durée.
Bref, seul le DCA ne donne lieu à aucune difficulté d’application grâce à son côté simple et systématique.

LE DCA RESTE,  COMPARATIVEMENT,  LA MÉTHODE LA PLUS FIABLE

Dans son ouvrage parue chez First Edition,  Jacques DUTERTRE, indique avoir testé toutes les méthodes de KOVACS et bien d’autres encore pour arriver à la conclusion suivante : “J’ai tenté par tous les moyens d’apporter des améliorations au système. En vain. Une seule méthode donnait toujours des résultats satisfaisants quelle que soit la configuration du marché (haussier, baissier, irrégulier) sur des périodes couvrant plusieurs années. C’était celle du Dollar Cost Averaging, la plus simple de toutes„

Le célébrissime Burton MALKIEL, afin d’illustrer l’efficacité du Dollar Cost Averaging nous propose de prendre un exemple réel :  celui d’un épargnant effectuant un investissement mensuel de 100 Dollars US entre 1974 et 1998 dans un fonds action (T. Rowe Price Growth Stock). Le versement cumulé de l’épargnant sur la totalité de la période s’élève à 29 800 Dollars US et le capital au terme se monte à :  234 989 Dollars US. Et MALKIEL de souligner que ce résultat exceptionnel a été  » rendu possible par le suivi régulier du programme d’investissement à somme constante, même dans une période où l’environnement n’est pas favorable aux actions de croissance.„

4 – LE DCA : POURQUOI ÇA MARCHE ?

L’efficacité du Dollar Cost Averaging n’est plus à prouver. Mais on peut se demander, justement, à quoi est due cette efficacité.
MALKIEL apporte la réponse :
“Cela marche parce que vous avez acheté plus d’actions lorsqu’elles étaient bon marché et peu lorsqu’elles étaient chères.„
En toute logique, MALKIEL insiste sur la nécessité impérative de :

“continuer à investir dans les marchés baissiers aussi régulièrement que dans les bonnes périodes.
Peu importe que vous soyez pessimiste (tout le monde l’est dans ces cas-là), peu importe que les nouvelles financières du monde soient mauvaises vous ne devez interrompre votre programme sous aucun prétexte…„

LE CYCLE NEUTRE DE KOVACS PERMET DE TESTER L’EFFICACITÉ DES STRATÉGIES

Le cycle neutre de KOVACS dont l’illustration graphique ressemble à un “Z” couché, est un outil permettant d’apprécier l’efficacité d’une stratégie.
Il fait ressortir qu’un mouvement de cours partant à 60, montant ensuite à 80 et redescendant à 40 pour finir par remonter à 60, c’est-à-dire au point de départ et, tout au long duquel on aurait effectué 9 versements de montants égaux (1 par mois) aura des résultats surprenants.
En effet, la progression des cours sur la période étant nulle, on s’attendrait, en toute bonne logique, à ce que la progression du placement soit nulle. Elle est au contraire de + 4,04 % !
Le même cycle neutre que l’on ferait fonctionner sur un mouvement de cours qui part à 100, monte à 140, redescend à 60 pour finir à 100, fait ressortir une progression de + 6 % (l’amplitude du mouvement des cours étant plus grande).

MARKET SWINGS WILL WORK FOR YOU

L’effet amplifiant du DCA existe parce qu’on achète à chaque époque, des actions pour un montant fixe (donc moins d’actions quand les cours montent et plus quand ils baissent). Cela vous permet de profiter des cycles du marché au lieu de les subir (you put market swings to work for you).
Si, par contre, on refait l’expérience du cycle neutre en achetant, à chacune des 9 époques, non pas un nombre d’actions correspondant à la contre-valeur d’une somme fixe constante, mais, au contraire, un nombre identique d’actions, il n’y a, bien entendu, aucun effet amplifiant.

– 5 –  QUID POUR CEUX QUI DISPOSENT DE CAPITAUX ?

Tout d’abord, lorsqu’on choisi les différents supports sur lesquels va reposer un contrat d’assurance vie multisupports, il est préférable de se ménager une part de cet ensemble basé sur un actif tranquille (Actif Général). Cette fraction variera en fonction d’un certain nombre de paramètres. J’avoue que, pour ma part, j’ai souvent privilégié 60%. On pourra me reprocher une certaine frilosité : oui, je plaide coupable.

Maintenant disons un mot destiné à ceux qui sont totalement allergiques aux Actions. Ils ne souhaitent prendre aucun risque. L’idée même qu’une seule année, ils aient à enregistrer une baisse leur est totalement insupportable. On leur explique que le potentiel de progression de leur plan d’investissement va s’en trouver réduit. Ça leur est complètement égal !

Dans ces conditions, ils vont devoir souscrire un contrat d’assurance vie exclusivement basé sur un Actif Général ou Cantonné (à effet de cliquet).

CERTAINS CLIENTS PRÉFÈRENT LA SÉCURITÉ ABSOLUE

Au fond, pourquoi pas ? Dans une optique “sécurité absolue”, des fonds Euro comme celui de MMA ou de l’AFER peuvent, à eux seuls, constituer des solutions patrimoniales intéressantes.


D’ailleurs, pendant longtemps, aussi bien les MMA que l’AFER ne proposaient aucune SICAV dans leur offre. MMA a franchi le pas en 1985 et AFER, quelques années plus tard.
Cela prouve qu’un placement retraite sans SICAV n’est pas forcément hérétique !

Ceci dit, même si vos certitudes ont été ébranlées par des souvenirs de baisses boursières conséquentes, dans la mesure où vous disposez de 10 ans ou plus devant vous avant votre retraite, je pense qu’il serait dommage de passer à côté du formidable potentiel qu’offre le placement actions, ne serait-ce que dans le cadre d’une diversification.